Pourquoi j'ai écrit "Le Cri Du Verre" ? Ce livre qui parle du vécu des verriers de Portieux, mes collègues de misère.
Sur la couverture du livre je suis assis, perché
sur le banc. Nous sommes en 1965
Pour comprendre le lien affectif qui unit les vieux verriers à
l'ancienne bourgade qu'était La Verrerie de Portieux, il suffit de les regarder et de les écouter lorsqu'ils parlent entre-eux.
Comme vous (peut-être), je le sais, ils ont parcouru mon livre avec nostalgie. Je ne peux que m'en réjouir, car : si "le Cri Du Verre " a, grâce au feu intérieur qui consume lentement les êtres attachés à leurs racines, alimenté la nostalgie latente enfouie au tréfonds des anciens occupants des cités ; la joie inhérente à l'élaboration de cette œuvre, sur le mode de vie de nos ancêtres verriers à Portieux, a été le combustible spirituel du bûcher de mon âme meurtrie d'ancien souffleur de verre à Portieux. La Verrerie de Portieux, cette cité détruite pour y construire de minables HLM, à partir de 1966.
Des cendres encore incandescentes de son passé mouvementé, j'en ai retiré et reconstitué, ce que j'ai pu du puzzle verrier. En l'occurrence, et pour être plus précis, ce que les plus vieux des habitants, de nos chères cités disparues, ont bien voulu me confier.
Cette vie intense, vécue par des gens simples, heureux de vivre en harmonie avec la nature, et fiers du travail accompli, était assimilable au parcours un petit peu fou d'un artiste en mal d'expression.
Les mains calleuses des anciens verriers semblaient caresser les cannes, cependant qu'ils chiquaient ou s'engueulaient. Mais le cœur était gros, et la sueur coulait à flot sur les corps osseux et les torses bombés. Face aux visiteurs émerveillés de 1'adresse déployée, ils savaient rester humbles.
Ces gestes ancestraux et ce respect d'autrui, inculqués parfois dans les pleurs, étaient l'essence même du savoir faire magique des verriers très qualifiés de la verrerie de Portieux, et leur raison de vivre. Cet art de vivre, aujourd'hui, semble remisé dans le cabas aux souvenirs.
La Verrerie n'est plus ce qu'elle a été. Son regard éteint ne reflète pas ce que fut son glorieux passé. Cependant, serrée bien au chaud dans la poche invisible de nos cœurs résignés, elle restera toujours, pour nous, les anciens, La Grande Verrerie de Portieux.
Écrit avec un grand V dans le firmament des travailleurs, son nom brillera, à tout jamais, en lettres capitales, dans le livre d'Or de nos subconscients, blessés, à tout jamais, de sa déchéance.
Voilà, cher visiteurs et visiteuses, ce que je voulais que vous sachiez. Vous en saurez plus en lisant mon livre « Le Cri du Verre » que vous pouvez consulter ici, ou encore en achetant un des derniers exemplaire encore en vente en me contactant.
Bonne lecture
Gérard TRIBOULOT